So Vietnam

16 mars 2015

Niveau de vie au Vietnam, et tribune...

Cela faisait un moment que je voulais faire véritablement le point sur le niveau de vie des vietnamiens et des expats au Vietnam. On ne sait pas réellement ce qu'est un pays pauvre ou en voie de développement avant de s'y rendre je pense, car il est difficile de faire la part des choses entre revenus et coût de la vie. Les deux sont plus faibles, mais comment comprendre réellement comment les gens vivent ? Même en étant sur place, on ne fréquente le plus souvent que les endroits riches, où les gens se débrouillent bien et profitent de cette manne que sont les touristes et expats. Il ne faut pas perdre de vue que les inégalités territoriales sont bien plus grandes qu'en France, la vie à la campagne est tellement différente de Saïgon qu'il serait impensable ici d'avoir un salaire mainimum unique par exemple. 

 

Petits rappels sur les revenus et les prix, dont j'ai parfois parlé auparavant : 

 

- Le salaire minimum oscille au Vietnam entre 100€ (grandes villes) et 70€ (campagne reculée) suivant les zones. Un employé de banque moyen ou un gagne environ 250€, un employé très qualifié ou un cadre moyen environ 500€, et ensuite ça monte très vite : la jeune génération de vietnamiens issus de familles riches formés dans des universités à l'étranger et qui ont 2 ou 3 ans d'expérience ne veulent pas entendre parler d'un salaire à moins de 1000 ou 1500€. 

 

- Beaucoup de vietnamiens sont propriétaires d'une maison par famille suite à des politiques socialistes de Ho Chi Minh. Bienheureux ceux qui héritent d'une maison dans une grande ville où il y a du travail ! 

 

- Les loyers oscillent entre 30€ pour un toit de tôle dans un bidonville éloigné du centre ou dans une zone industrielle et 1500€ pour un bel appartement de 120m² dans une tour dans le centre de Saïgon. Difficile de faire le point ! Un 2 pièces proche du centre pour expats dans un immeuble sympa coûte environ 600€. L'electricité est relativement chère, tout le reste des charges et services (eau, ménage, internet, etc.) pas cher du tout. 

- Un bol de nouilles ou un pho sur un trottoir coûte minimum un euro, un petit resto vietnamien avec tables en inox et chaise en plastique où l'on partage quelques plats et bières coûte environ 5€, un resto vietnamien plus installé et apprécié des touristes, par exemple dans une belle maison du centre-ville, coutera environ 10€, et enfin les restos vietnamiens les plus classes ou bien les restos étrangers (japonais, italiens français, steakhouse, etc.) moyens coûterons dans les 15 à 25€, les restos étrangers plus gastronomiques commenceront à 35€ et plus. Ce qu'il faut comprendre ici, c'est la diversité extrême de ces prix. Si l'on exclut les restos étoilés et "grands" restaurants (il n'y en a pas au Vietnam, donc impossible de comparer), on mange en France au resto pour 15 à 70€ en gros, un rapport de 1 à 5. Au Vietnam, sans rechercher des restos exceptionnellement chers ce rapport serait plutôt de 1 à 30, comme pour les loyers. 

 

Mais alors, comment vivent les "vietnamiens moyens"par rapport à un européen moyen ? 

 

Il est difficile de comparer d'un point de vue purement financier des modes de vie très différents. Par exemple, nous n'avons pas en Europe de restos équivalents aux restos de rue ici. Imaginons une France sans aucune aide de l'état, et avec moins de taxes, moins de régulations. Une personne âgée sans retraite ou un chômeur pourrait mettre une table et un réchaud devant chez lui et faire des spaghetti bolognaise ou des côtes de porc au barbecue qu'il servirait sur des tabouets dans des bols en plastique. Il vendrait par exemple ses spaghetti 3€ le bol, gagnant en gros chaque jour ce dont il a besoin pour subsiter, et économisant quelques euros par mois pour se payer une fois par an un vayage en car pour aller dans son village d'origine. 

 

Pour continuer l'analogie, un ouvrier dans le bâtiment gagnerait en gros 400€ par mois en travaillant 48h par semaine, et devrait pour se loger soit avoir de la famille qui l'héberge, soit vivre dans des sortes de cabanes en tôle provisoires à proximité des chantiers. Il irait manger les bols de spaghetti à 3€ de son voisin de temps à autres quand il ne mange pas de riz blanc avec un oeuf au plat et 3 rondelles de tomate. Il peut se saoûler avec deux alcool pas chers : la "bia Ha Noi" (bière artisanale locale) ou l'alcool de riz. De sa vie, il ne mangera probablement jamais dans un resto à 20€. Vous allez me dire : ces gens existent en France, plein de gens subsistent sous le seuil de pauvreté avec ce genre de revenus ! Certes, mais là je parle de l'ouvrier moyen qui travaille à plein temps, voilà à quoi ressemble sa vie. 

 

Ces gens sont les plus nombreux ici, même si en tant qu'expats nous ne les voyons pas. Dans les lieux que nous fréquentons, nous ne voyons que des jeunes vietnamiens aisés. Ils peuvent se payer sans problème régulièrement une place de cinéma à 4 ou 5€, une pizza à 10€, des soirées dans des boites de nuit, ils ont un smartphone et sont habillés à la mode. Ils ne sont pas du même monde que le femme de ménage ou le chauffeur de leur papa, ils n'ont rien en commun dans le mode de vie, ils sont plus différent que ce qu'on pourrait imaginer dans un même pays. C'est comme si en France il y avait 80% des jeunes dans la même situation qu'un fils de chômeur longue durée qui ne peut pas se payer un Mac Do, 15% de jeunes fils de bonne famille qui peuvent sans problème sortir tous les soirs, avoir une voiture et des vêtements de marque, et 5% qui ont 3 voitures de sport, un appart de 250m² à Paris, etc. Je n'ai pas de statistiques, donc c'est vraiment au doigt mouillé, mais cette transposition permet de s'imaginer un peu le Vietnam d'aujourd'hui. Mais il faut s'imaginer aussi que parmi les 80% de "pauvres", beaucoup cumuleraient 2 emplois et des tas de combines pour quand même pouvoir se payer une voiture d'occas (au Vietnam une moto) et un smartphone. 

 

Difficile donc de se faire une idée, mais il est clair que dans un pays dynamique, véritablement en développement, loin devant le Laos, le Cambodge ou la Birmanie, un ouvrier ou salarié de base reste réellement pauvre. La récente augmentation du salaire minimum voté par le gouvernement a provoqué un tollé de la part des investisseurs et industriels, qui ont menacé de réduire leurs investissements au Vietnam. 

 

Que faut-il gagner par mois pour bien vivre à Saïgon : 

 

- Pour un vietnamien, tout dépend de si un membre de la famille l'héberge. Dans ce cas, il peut tout à fait vivre convenablement, sortir, se faire quelques weekends en partant en car, avoir un smartphone etc. si il gagne 400€ par mois. Si il doit louer un logement, vous pouvez rajouter 200€, sinon il faudra trouver un vague gourbi loin du centre... 

 

- Pour un expat, c'est très différent : n'envisagez pas une seconde de vivre à la vietnamienne ; même si vous vouliez tenter l'expérience ce serait impossible. La première raison, c'est que vous ne paierez pas le même prix pour beaucoup de choses, à commencer par le loyer (les vietnamiens paient une taxe lorsqu'ils logent des étranger, qu'ils répercutent évidement sur le prix de location), l'électricité, pas mal de services et de produits, etc. Pour avoir le même niveau de vie qu'un vietnamien qui devrait louer son logement ici et gagnerait 600€, à mon avis vous pouvez rajouter 150€. Mais ce n'est pas tout : vous allez probablement vouloir manger autre chose que de la nourriture vietnamienne assez rapidement. Vous pouvez rajouter 100€ pour manger un repas sur 3 dans des restos étranger. Il y a aussi le billet d'avion pour rentrer une fois par an, une assurance rappatriement correcte et quelques vacances sympa sur place pour visiter. Au final, pour vivre dans un endroit correct, pouvoir sortir, se faire quelques vacances et manger autre chose que vietnamien de temps en temps, il faut gagner au moins 1000€ ici. On peut vivre avec 700€, mais ça ne sera pas drôle tous les jours et vous compterez vos deniers. Au final, si vous êtes jeune (2 à 5 ans d'expérience) et que l'on vous propose un poste ici en contrat local, je vous recommande de demander environ 1500€, afin de pouvoir préparer le retour (cotiser pour la retraite, avoir une mutuelle, etc.). Comme je le disais il sera tout à fait possible de vivre vraiment bien avec 1000€, mais pour faire quelques économies, penser à la retraite, à la santé, ça sera un peu court. Donc c'est tout à fait envisageable pour un ou deux ans le temps de trouver mieux (c'est exactement ce que j'ai fait). 

 

Niveaux de vie en Asie, l'impact sur nos vies en occident 

Au final, ne nous y trompons pas. Nous achetons des smartphones à 200€, des chemises à 10€, ou des peluches à 5€ uniquement parce que quelques part dans le monde, un travailleur pauvre les fabrique. J'insiste sur le PAUVRE. La délocalisation, ce n'est généralement pas aller installer sa production dans des pays où le coût de la vie est moins cher pour pouvoir payer un peu moins ses salariés, c'est aller s'installer dans des pays qui permettent d'exploiter les travailleurs, de leur payer tout juste de quoi subsister et de réduire à presque rien le coût de la main d'oeuvre dans le processus de fabrication. Ca peut paraitre une évidence pour certains, mais je crois utile de le rappeler : notre mode de vie et de consommation est basé sur l'exploitation de travailleurs pauvres. Nous ne payons pas le "juste prix" pour la plupart des produits que nous consommons, ces prix ne reflètent pas ce qui serait un coût normal de main d'oeuvre, ne prennent pas en compte le coût écologique, ne garantissent pas la sécurité des travailleurs, ni l'absence de travail des enfants. Ce sont juste les prix les plus bas possible, quoi qu'il en coûte généralement. Les multinationales qui affirment contrôler les dérives de leurs fournisseurs et avoir une véritable éthique mentent, tout simplement. C'est montré très régulièrement par des enquêtes journalistiques dans tous les domaines, le dernier exemple frappant étant l'enquête de France 2 "Cash investigation" sur la fabrication des smartphones. 

Vous avez un impact en tant que consommateur. La firme Nike a définitivement mis fin au travail des enfants chez ses sous-traitant par des contrôles très stricts suite au scandale planétaire qu'avait provoqué des révélations là dessus. Les multinationales prennent très au sérieux les menaces de boycott qui peuvent suivre ce type de scandale. Le droit et la régulation internationales ont été capables au niveau européen de garantir un certain niveau de sécurité pour les produits importés, peut-être pas parfait mais satisfaisant. Ils ont été incapables de garantir un niveau satisfaisant de qualité sociale et environnementale. 

Je n'ai jamais compris le vieux débat protectionnisme contre libre-échange. Il me semblerait évident de ne mettre aucune autre sorte de barrière à l'entrée que des garanties raisonnables sur les conditions de production. Il y a longtemps que nous aurions dû refuser en Europe l'entrée de produits qui représentent de véritables catastrophes sociales et écologiques, non pas au nom du protectionnisme, mais simplement parce qu'il est intolérable de payer un T-shirt seulement 3€ si c'est au prix d'esclavage humain. Se faisant, l'écart entre les coût de production s'en serait trouvé légèrement réduit, nous permettant de ralentir un peu la désindustrialisation totale, mais surtout ces critères éthiques se seraient imposés d'eux-mêmes dans ces pays, par nécessité plutôt que par volonté politique locale. Au lieu de faire les clowns avec nos misérables aides humanitaires pour les pauvres orphelins (qui sont génralement des machines à blanchir l'argent de la corruption à échelle gouvernementale pour obtenir des droits d'exploitation, d'installation, etc.). 

Cela aurait peut-être été possible avec une Europe forte, mais je ne vois aucun discours politique clair portant cette idée. On parle vaguement de "dumping social", plutôt en songeant au protectionnisme qu'à ce genre de mesures. Je suis me considère comme un libéral "normal", par opposition au libéral "hystérique". Il me semble qu'une entreprise doit garantir à ses salariés un salaire qui permette de vivre décemment avec des semaines de moins de 50 heures et au moins un jour de repos, où que ce soit dans le monde, et qu'elle doit supporter également tous les coûts indirects engendrés par son activité (dépollution des sols, des eaux, traitement de ses déchets, de ses fumées, taxe carbone au niveau mondial, etc.). Le libéral hystérique au contraire ne verra pas pourquoi on devrait payer un être humain plus que le minimum qu'il est prêt à accetper pour travailler (c'est à dire tout juste de quoi survivre), ni pourquoi une entreprise devrait payer pour des dommages collatéraux difficilement quantifiables et dont l'impact est toujours soit-disant sujet à débat. 

Sur le plan environnemental, nous consommons des produits provenant d'usines en Chine tellement polluantes que les gens vivant dans ces régions ont perdu plusieurs années d'espérance de vie sur les  dernières décennies. Selon une statistique récente, 500 000 chinois meurent chaque année de problèmes de santé liés à la mauvais qualité de l'air. Nous observons bêtement ce cirque en lisant les journaux sur notre Ipad. Il me semble que notre responsabilité est tout à fait manifeste. 

 

Moi aussi j'ai un smartphone, j'ai tout simplement acheté celui qui me paraissait présenter le meilleur rapport qualité-prix sans trop me poser de question. La marque a été mise en cause dans le reportage de France 2 dont je parlais plus haut, des enfants étant impliqués dans la fabrication des écrans. Je ne crois pas que nous pouvions raisonnablement nous mettre à faire de véritables enquêtes avant de faire le moindre achat. Que faire alors à mon petit nivau ? 

1. Faire circuler ces idées, ces informations, ces mises en garde, éventuellement ces idées si elles vous conviennent. Il faut que ces sujets deviennent une préoccupation majeure de l'opinion si nous voulonsque les industriels les prennent en compte. 

2. Vous pleindre auprès des marques pour les scandales les plus manifestes, tel que je l'ai fait que pour mon écran de téléphone. Ce n'est que par la multiplication de ces messages que leur comportement évoluera

3. S'informer auprès des sites internet qui évaluent la qualité sociale et environnementale des marques, qui sont de plus en plus nombreux

 

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22 février 2015

Première fête du têt à Saïgon !

Cea fait pile deux ans que je suis au Vietnam, j'étais arrivé juste après le nouvel an lunaire il y a 2 ans. L'année dernière, nous avions passé nos vacances au Cambodge et en Thaïlande, pour éviter de se retrouver seuls dans une "ville morte" pendant une semaine. 

Cette année, pas de vacances pour moi, alors nous sommes restés. Il fallait bien qu'on voie à quoi la ville ressemble pendant les festivités quand même ! Nous avons donc fait des provisions pour quelques jours, et nous sommes sorti un peu dans les rues désertes pour goûter à cette ambiance étrangement calme. 

Comme partout, la tendance est à la désacralisation, de plus en plus d'endroits restent ouverts même s'ils restent peu nombreux. Comme je l'avais déjà expliqué, au Vietnam on fête le nouvel an en famille, c'est le moment de l'année où l'on peut rentrer dans son village d'origine et réunir tout le monde, d'où une ville désertée comme Paris un 15 Août. 

Cela dit, il existe quand même quelques événements publics et quelques signes extérieurs de fête : le feu d'artifice du réveillon, des danses du dragon dans plusieurs quartiers, des spectacles dans le centre-ville. Ce que j'aime chez les vietnamiens, c'est que la plupart de ces activités sont relativement "modestes", par exemple des parterres de fleur installés dans une rue fermés à la circulation entre lesquels ont déambule en famille. "Bon enfant", selon l'expression consacrée un peu paternaliste. C'est ce qui me vient en beaucoup de situations pourtant ici, et ça fait partie des choses qui me plaisent vraiment. 

A part ça quoi de neuf à Saïgon ? 

Un très gros lifting du centre-ville ! J'essaierai de mettre quelques photos. Un énorme centre commercial s'installe sous les rues en face de l'hotel de ville (alors que les centres commerciaux peinent à louer leurs boutiques et sont vides les 3/4 du temps, mais j'en ai parlé également il y a quelques temps). L'hotel de ville est entièrement rénové, la poste a eu droit à un ravalement de façade, certaines rues ont été pavées, on plante des arbres, des terre-plein fleuris... De quoi occuper les touristes de passage une soirée à Saïgon afin qu'ils ne soient pas déçus par un centre-ville si quelconque. 

A part ça le prix des renouvellement de visa a été multiplié par 5... Apparement une volonté du gouvernement de se débarrasser des résidents ne travaillant pas (en gros la population des bars, les clients de prostituées, la faune de Pham Ngu Lao (le quartier "routard"), etc. Il semblerait que le Vietnam cherche à s'acheter une image et à sélectionner ses touristes. C'était déjà le sens du "nettoyage" de Bui Vien avec l'interdiction des terrasses et les descentes dans certains bars ou boites. Je pense que Vietnam cherche à éviter de devenir sur les traces de la Thaïlande la destination du tourisme poubelle, où l'on vient chercher les filles, l'alcool et la drogue pas chers. 

J'ai rencontré pas mal de gens qui reviennent ici chaque année pour un mois, il y en a beaucoup en Taïlande aussi. Ils économisent toute l'année et s'emmerdent dans un boulot qui ne leur plait pas généralement, ont peu d'attaches affectives en France, et viennent se "défouler" ici, faire la fête, picoler tous les soirs, acheter un peu d'affection. Beaucoup deviennent accro et ne changeraient de destination pour rien au monde ! Certains ponctuent le séjour d'un moment à la plage, mais aucun n'est là pour les sites de tourisme culturel. 

Petite précision sur la prostitution liée à ce type de tourisme : Si vous avez l'image de pauvres filles mineures droguées et exploitées par des proxénètes tyrans et violées 20 fois par jour par des vieux occidentaux sadiques, ça n'est pas vraiment comme ça que ça se passe. Les filles qui ciblent les étrangers ont généralement des accords négociés avec les "bars à filles" ou les boites de nuit, ne prennent généralement qu'un seul client pour la soirée, et se font autour de 100$. C'est un "statut" envié par toutes les prostituées pour vietnamiens, bien plus nombreuses, les filles qui arrivent à rentrer dans ce milieu sont riches par rapport à n'importe quel employé de banque moyen. Evidemment, je ne dis pas que les histoires glauques, l'exploitation et l'autre prostitution n'existent pas au Vietnam. Mais celle qui est liée à ces touristes ressemble plutôt à ce que je décris en majorité. 

Ceux qui vivent ici vont plutôt dans des sortes de maison closes tenues par des propriétaires, les filles font 50/50 avec eux. Ce sont généralement des salons de coiffure ou de massage avec des chambres au dessus. 

Vous allez me demander comment je sais connais ces détails évidemment ! Tout simplement parce que la paroles autour de ces sujets est très libre ici, et les clients en parlent sans aucun problème. J'ai rencontré aussi quelques amies d'ami, anciennes prostituées finalement casées avec un expat. C'est un sujet traité de manière moins dramatique que chez nous dans ces milieux, pas mal de jolies jeunes filles parlant anglais passent par là. Celles qui ont connu quelques occidentaux en sortant un moment avec eux ne veulent pas revenir avec un vietnamien, c'est systématique. Pas seulement pour l'argent, elles ne voudraient même pas d'un vietnamien riche. Mais j'en parlerai une autre fois, les couples mixtes sont un sujet inépuisable ! 

 

 

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08 janvier 2015

Un message sans mots

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19 décembre 2014

La meilleure pizza de Ho Chi Minh

Rassurez-vous, je ne suis pas payé pour faire de la pub, et d'ailleurs le resto n'en a pas besoin c'est plein tout le temps, mais franchement ça vaut un post dans mon blog : 

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L'une des meilleures pizza que je connaisse tous pays confondus hors Italie : la pizza spéciale du restaurant 4P au début de Le Tan Ton, avec burrata maison. Attention ce genre de pizza est cher, jusqu'à 420 000 dongs donc 20$ (16€ !!!), mais la bonne nouvelle c'est qu'une simple margarita (excellente également) coûte 150 000d, donc 5.50€. 

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Des Vache Qui Rit sous antivol

Ca faisait un petit moment que je ne vous avait pas emmené fair eun tour dans un supermarché vietnamien. En l'occurence, un Big C, donc un supermarché d'un groupe français (Casino) au Vietnam. 

Tout est bon dans le poulet ! 

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Les larves c'est plein de vitamines. Conseillé au petit déjeuné

 

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Le rayon produits de luxe...

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Des fruits légumes exotiques

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Le confort vietnamien pour les caissières

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18 décembre 2014

Des vélos ?

Je disais récemment à un ami : "C'est fou, en un an et demie je vois déjà nettement l'évolution de la circulation dans les rues : plus de voitures et d'embouteillages. En 5 ans tu ois être encore plus impressionné par la différence, alors que c'est très court 5 ans !"

Réponse : "Il y a 5 ans il y avait des vélos dans les rues". 

Il n'y en a quasiment plus, sauf pour quelques lycéens et ados perdus dans le flot de véhicules et quelques personnes âgées, mais ils se font vraiment rares. 5 ans ! 

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27 novembre 2014

Qualité vietnamienne...

Encore un paradoxe vietnamien que je m'efforce de résourdre avec mes yeux d'européens : 

Comment peut-il y avoir des artisans vietnamiens aussi doués et des bricoleurs aussi merdiques ? 

Je me suis souvent extésié devant le savoir-faire d'artisans vietnamiens : quand ils maîtrisent une technique, ils la maîtrisent à fond, et sont capable de véritables prouesses techniques. Et pourtant, ce n'est pas à cela qu'on a affaire au quotidien... A côté, les chinois c'est la qualité allemande. 

Chez nous, nous avons une sorte de terrasse couverte et fermée comme une veranda. Tout est en plastique, et les rares éléments en métal sont... comment dire... friables ("fragile" ne rend pas vraiment compte de la réalité). Tout était neuf à notre arrivée, une poignée de fenêtre a rendu l'âme après un mois, un autre est presque cassée. 

Autre élément périssable dans la cuisine : les casseroles et couteaux. Le fond de la poelle s'est bombée à la première utilisation, mais ça c'est un classique que nous avons tous rencontré. Moins commun : le couvercle de casserole et les couteaux qui rouillent ! Il faut les laver et sécher juste après utilisation. De toutes façons ils n'ont pas une durée de vie énorme, notre couteau de cuisine a déjà dû être changé après 1 mois. Les meubles sont en plastique et ne dureront certainement pas l'année. 

Un ami a fait faire la déco de son resto par une entreprise locale. Comme il s'y attendait, le sol s'est déjà effrité et il y a des trous dedans, les murs commencent à connaître le même sort. Il a ouvert il y a 3 mois. 

Au Vietnam, trouver un service ou des produits de qualité est le principal soucis, le principal sujet de discussion parmi les expats, et même parmi les vietnamiens. Les bons tuyaux valent de l'or, les forums vont bon train sur le sujet. 

Mais pourquoi des services ou produits aussi minables, quasiment inutilisables continuent-ils à se vendre ? En réalité, nos propriétaires ont clairement mis le moins d'argent possible dans l'aménagement de notre terrasse / cuisine, sans se préoccuper du résultat. En arrivant, tout semblait neuf et propre, c'est le seul critère qui compte. Ils n'ont pas le même regard que nous sur un meuble de cuisine en plastique peint imitation bois, ça n'est pas un choc esthétque pour eux. Que tout cela soit à changer dans 6 mois... 6 mois ! C'est une vie pour un vietnamien ! 

Je force un peu le trait, mais ces deux caractéristiques dont j'ai souvent parlé (l'absence de goût pour l'aménagement intérieur et la pensée à court terme) sont très présentes dans la vie quotidienne. Le fait d'avoir des meubles dans la maison est très récent, alors les choisir pour faire beau et pour durer ce n'est pas pour tout de suite. 

La qualité se concentre sur des points particuliers de la maison : l'escalier, qui se doit d'être relativement imposant par rapport à la taille de la maison, si possible en imitation marbre ou granit sombre. Les portes de chambre si elles sont privées sont généralement dotées de bois massif travaillé. La porte de la salle de bain juste à côté peut par contre être en plastique. Les expats vivant dans une maison vietnamienne vont reconnaître ici leur lieu de vie ! Tous les aménagement dédiés à la location pour expats sont identiques. On en trouve une variation un peu plus moderne et zen dans les endroits un peu luxueux.

Cela étant dit, on commence à trouver pas mal de petits bars ouverts par de jeunes vietnamiens qui sont très réussis côté déco. Je ne pense pas que cette tendance touche beaucoup aux lieux de vie, mais ça laisse présager une évolution rapide. Très souvent les finitions laissent à désirer, mais j'ai vu vraiment des choses réussies, voire des idées que je n'avais jamais croisées ailleurs (ce qui m'arrive très rarement ici malheureusement). Tout laisse à penser que le mouvement est lancé, et que les nouvelles générations vietnamiennes vont rapidement s'éveiller à la déco intérieure. 

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10 novembre 2014

Smartphone (attention, rien à voir avec le Vietnam pour ce post)

J'ai un smartphone, comme 95% des gens qui peuvent s'en offrir un sur cette planète. Il y a dans le monde plus de téléphones en circulation que de... brosses à dents. 

Personnellement, je suis très content du mien : un Alcatel One Touch. J'ai failli acheter au Vietnam un Huawei, et je me souviens que nous avons eu une discussion avec un ami qui a vécu longtemps en Chine, et qui m'a dit : "tu sais Huawei a très mauvaise réputation en Chine sur les conditions de travail de ses employés". Sur le moment, cette situation m'avait refroidi, parce que cet ami n'est franchement pas un gauchiste altermondialiste et si il me dit ça c'est qu'il y a du soucis à se faire, mais aussi mis en colère : j'aimerais pouvoir exiger en tant que consommateur de connaître les conditions de production des produits que j'achète, savoir si une chemise provient de l'esclavage au Bengladesh par exemple. 

Impossible de le savoir, tout cela est très bien caché par les gros groupes et couvert par les gouvernements. Un reportage sur France 2 que vous avez peut-être vu, fruit de un an d'enquête, révèle une partie des pratiques courantes dans la fabrication des éléments de smartphones. Même si je ne m'estimais pas totalement naïf en la matière, pour avoir visité quelques usines par ici et lu quelques rapports d'ONG sur les conditions de travail dans certains pays, c'est extrêmement choquant. 

Pour voir l'enquête de Martin Boudot dans l'émission animée par Elise Lucet : 

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-4-novembre-2014_730935.html

Alors, pour mon téléphone : 

- commençons à la source : plusieurs matières premières nécéssaires à sa fabrication et qui ne se trouvent qu'à quelques endroits dans le monde comme le tentale sont souvent des "minerais de sang", c'est à dire qu'ils sont exploités dans des zones de conflit par travail forcé pour financer l'achat d'armement. Selon les calculs des reporters qui se sont rendus dans une mine en RDC, un village sans route d'accès, ni électricité ni infrastructure, il y a en moyenne 5 morts par mois dans cette mine. Les mineurs - souvent mineurs d'ailleurs (haha...) - sont payés environ 1,50 euros par jour. Le minerai est donc acheté à prix d'or (parfois contre des armes) par des intermédiaires asiatiques qui le transforment en Chine généralement. 

- Un autre élément indispensable pour les smarphones le Neodyme. Cet élément chimique hautement magnétique permet de fabriquer les petits aimants que l'on trouve dans le vibreur, les hauts parleurs, le micro etc. Une mine du Nord de la Chine assure 97% de la production mondiale. Quand les habitants autour de la mine on commencer à mourrir massivement de cancers, ils sont partis. Allez voir les images. 

- Ensuite vient la fabrication. Le journaliste interview une fillette de 13 ans qui travaille dans une usine d'écran 13 heures par jour (ou par nuit suivant les mois) avec 2 jours de repos par mois, un toutes les deux semaines. 

Ils travaillent bien tous ces gens hein ? En tout cas mon téléphone est très beau, bravo. 

Une question revient souvent : quel est l'intérêt de faire travailler des enfants ? De les préférer même aux adultes, que l'on pourrait penser plus précis et productifs ? Deux raisons d'égale importance : cela coûte encore moins cher, presque rien puisqu'on ne compte sur les enfants que pour un revenu d'appoint, et ces enfants sont beaucoup plus soumis, maléables et obéïssants, ils ont plus peur de se plaindre. 

Quasiment aucun des responsables de grande marque sollicités par les journalistes n'ont réagi ou accordé une interview, malgré l'insistance et la pugnacité de ces derniers. Les réactions s'en tiennent en général au discours tout fait par mail, le même pour tous "nous veillons avec le plus grand soin au respect des normes et du droit du travail chez nos fournisseurs, mais nous allons lancer une enquête pour vérifier vos allégations". Parfois, une marque annonce ne plus travailler avec telle ou telle usine prise dans un scandale, ou simplement réduire ses commandes, en "punition".  

La réaction toute fraiche de François Quentin, patron de Huawei France pour L'Usine Nouvelle après la diffusion du reportage : «  j’ai activé tous mes réseaux et Madame Lucet n’aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de Media Training !  »

Avez-vous déjà vu une pub pour smartphone ? Elles sont toutes basées sur le même principe : leur produit va rendre la vie meilleure, plus excitante, plus aventureuse et plus facile. Evidemment ça ne concerne que les clients, pas les employés des fournisseurs. Que pouvons-nous faire ? Il est temps d'arrêter de faire l'autruche je pense : c'est la spécialité de ces grandes marques, elles ne sont jamais au courant de ce qui se passe chez leur sous-traitants, ni d'où viennent les matières premières. Elles passent leur temps à tomber des nues, tellement occupées à soigner leur image. Il suffit qu'il y ait un intermédiaire entre elles et les enfants exploités dans les usines et les mines pour que ce ne soit plus leur problème. Ne réagissons pas comme elles : dans les années 90, les protestations et manifestations autour du travail des enfants pour des grandes marques telles que Nike avaient poussé ces grandes marques à réellement prendre les choses en main. Aujourd'hui ce secteur est exemplaire dans le respect des normes et du droit du travail. 

Renseignez vous même si c'est parfois compliqué, interpellez directement les marques en appelant les services clients, et surtout partagez ces informations avec vos proches. C'est par le consommateur que les choses changeront, certainement pas par lemonde économique ou politique. 

Désolé d'avoir utilisé ce blog pour le faire, vous qui veniez en apprendre plus sur le Vietnam, mais tous les moyens sont bons. N'hésitez pas à regarder les autres messages, là je parle vraiment du Vietnam ! 

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21 octobre 2014

Tortue torturée

Un fait divers relayé jusqu'en France par la presse a attir mon attention : lors de l'émission de télé réalité MasterChef version vietnamienne, une candidate a tué une tortue de manière particulièrement cruelle (en lui tapant dessus puis en essayant de faire sortir sa tête avec un couteau pour la décapiter, etc.).

Pas facile à tuer, une tortue ! Bref, on pourrait se dire qu'au Vietnam finalement ils sont plus habitués que nous à ce genre de choses, et que ces images auront moins choqué que chez nous. Eh bien pas du tout : l'affaire est nationale, la candidate - qui affirme ne plus en dormir la nuit - et le patron de la chaîne ont dû s'excuser publiquement. 

Nous avions cette discussion récemment avec des amis : nous étions tous surpris que beaucoup de jeunes vietnamiens ressemblaient finalement totalement aux jeunes citadins européens, dégoutés par les insectes, les choses visqueuses, les oeufs germés, le chien ou le chat, etc. Il arrive même souvent que je trouve des jeunes vietnamiens (souvent des jeunes filles) beaucoup plus empruntées et trouillardes que la moyenne de chez nous. Je me souviens de certaines visites de chantier avec des vietnamiennes en minijupe et talons hauts qui auraient fait sourire n'importe quelle parisienne ou midinette. Entre les parapluies et foulards pour ne pas bronzer, les mains savamment manucurées et les tenues recherchées (pas toujours réussies), beaucoup de jeunes "filles" ou "fils à papa" contrastent avec un environnement un peu sale et poussiéreux qui parait plus cahotique et dur que chez nous. 

L'esthétique est reine, les soins du corps (produits de beauté et gonflette) sont un marqueur social de même que la mode, avec pour modèle la Corée et son délire de perfection physique. La dernière fois que je suis allé au cinéma, j'ai été frappé par un groupe de 5 jeunes hommes avec tous exactement la même coiffure : rasés sur les côtés et le dessus long et coiffé sur le côté pour retomber un peu sur un oeil. Le grégarisme en matière de mode n'est pas l'apanage de l'Asie bien évidemment, mais il a ce côté K-Pop pour nous exotique qui m'amuse. Souvent un peu ratée, la coupe donne parfois un petit côté Corée du Nord plus que Corée du Sud, agrémentée de teinture rouge, bleue ou blonde. 

Côté vestimentaire on trouve de tout. Le décolleté est socialement interdit (réservé aux prostituées ici), mais pas la minijupe ou le minishort. Enormément d'homme ont un style assez "fleuri" qui les ferait immédiatement passer en France pour des "folles". N'y voyez aucune connotation homophobe : je pense sincèrement qu'il est plus difficile en France d'adopter ce genre de look, qui marque clairement une homosexualité malheureusement encore aujourd'hui pas toujours facile à assumer en public, qu'au Vietnam où la virilité est beaucoup moins un impératif pour les hommes, et où ce type de tenues vestimentaire ne provoque aucun préjugé. Les jeunes hommes bourgeois un peu chétifs s'amusent souvent à forcer le trait, sans pour autant que quiconque semble en tirer des conclusions hâtives sur leurs préférences sexuelles. 

D'une manière générale, la France est très rigoriste sur les tenues vetimentaires. Quand on se ballade dans Paris il m'arrive de penser que les passants sont parmis les plus classes du monde, la plupart sont bien ou très bien habillés. Il suffit de se ballader dans une grande ville anglaise ou allemande pour que la différence sate aux yeux. Le revers de la médaille est que les écarts sont souvent mal perçus, alors qu'on est dans d'autres pays beaucoup plus libres d'être originaux sans être regardés comme un taré. 

Au Vietnam, c'est encore une fois un paradoxe pour mon esprit français : les normes sociales y restent pregnantes et ont souvent force de loi, mais elles laissent pourtant bien plus d'espaces de liberté qu'il n'y parait au premier abord. Quand je dis liberté, malheureusement il s'agit finalement rarement de cela. Les vietnamiens imitent un modèle comme dans beaucoup de domaine, ils n'innovent pas. Les influences diverses donnent un cocktail assez curieux, dans lequel l'authentique "bon goût" qui retient le regard reste rarissime. Il n'en reste pas moins que nous français avons certainement beaucoup de leçons à prendre auprès des vientamiens pour accepter les gens comme ils sont.

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17 octobre 2014

Nouvelle moto !!

Voilà ma nouvelle moto !

Sym Excel

Moto spécialement adaptée à mon fondement, dont les mensurations sont relativement peu communes dans ces contrées. Concrètement on va être bien pour aller se faire des petits weekends dans le delta du mékong, et on a même un plus gros roadtrip prévu pour Noël. 

Dans les rues, de plus en plus de véhicules, de jour en jour. Difficile de se rendre compte quand on est dans cette circulation tous les jours, un peu comme c'est difficile de quelqu'un qui grqndit si on le voit tous les jours. Mais qund même, un jour on se dit : "c'est dingue, il y a à peine un an ce n'était pas du tout comme ça". A un carefour où je n'avais jamais attendu plus d'un feu rouge l'année dernière, maintenant il y a un bouchon de 200 mètres et j'attends au moins deux feux, matin et soir. Le nombre de voitures est affolant, maintenant certaines files vont jusqu'au feu rouge suivant alors que ça n'arrivait jamais. Il est évident que la ville cours vers la congestion totale comme c'est déjà le cas pour d'autres capitales de la région. 

Les travaux pour le métro ont commencé, tout arrive ! Ils bloquent une grande zone du centre ville pour refaire les infrastructures souterraines, mais aucun signe d'autre station en travaux. La première ligne est supposée être livrée en 2017, mais elle ne va pas réellement servir à alléger le trafic urbain en réalité : c'est plutôt une sorte de RER qui va rejoindre l'Est de la ville jusqu'au parc d'attraction Suoi Tien. Il y aura deux stations souterraines en centre ville, qui est loin d'être le quartier le plus chargé en circulation. Les rues bloquées sont les gros axes Nord/Sud comme Dien Bien Phu et 3 Thang 2 pour rejoindre les quartier résidentiels de Binh Thanh et Go Vap ou au Sud, ainsi que Est/Ouest comme Cach Mang Tang Tam pour rejoindre tous les quartiers qui s'étendent loin vers l'Ouest, alors que la ville s'arrête net à l'Est avec le Fleuve. Après le fleuve, il y a le District 2, quelques quartiers très peu denses, et des banlieues beaucoup plus lointaines au delà du District 9. 

En réalité, la première ligne de métro a clairement pour objectif de rendre attractive pour les investisseurs l'autre côté du fleuve qui jusqu'à présent est principalement un no man's land marécageux sans arbre. Un projet immobilier d'ampleur délirante est sur les rails, mais manifestement peine à convaincre. Souvent les vietnamiens voient grands, et ne veulent pas croire que les année 2000 sont finies. Ca me rappelle le sacage systématiques de l'île de Phu Quoc par des autoroutes de 2 fois 4 voies sur une île de 30km de long, qui s'arrêtent subitement et partent en petit chemin de traverse. On le voit aussi avec les prix de l'immobilier : les prix ont du mal à baisser, les constructions continuent, et les offres d'appartement à louer s'accumulent. Il y a quelques années, les vietnamiens propriétaires d'une maison assez grande ont compris que moyennement quelques travaux, l'achat d'une télé écran plat et de quelques meubles modernes pouvait leur rapporter entre 200 et 300$ par chambre, voire 400$ aujourd'hui ! Comparé à un SMIC à 100$, c'est une manne inespérée qui a largement contribué à l'émergence d'une classe moyenne. Aujourd'hui, il y a une concurrence telle que trouver l'étranger qui va fournir sagement ses 400$ par mois est nettement plus difficile. Le business a pris une telle ampleur que des entreprises se sont spécialisées en réaménagement pour expats, si bien que beaucoup d'appartements se ressemblent en tous points, avec le même agencement et quasiment les mêmes meubles. 

Pour en revenir au métro, son tracé est donc un pari de développement plutôt qu'un outil de décongestion de la circulation. 5 autres lignes sont en projet, avec des dates relativement floues. Il faut donc s'attendre à une paralysie de la ville qui va probablement changer le rythme de vie de pas mal de vietnamiens. La pollution, qui a déjà atteint un niveau gênant, va aussi devenir un problème de santé publique majeur sans aucun doute très rapidement. Dans beaucoup de villes industrielles en Chine l'espérance de vie des habitants qui avait rapidement progressé ces dernières décénies est en train de redescendre. Ce phénomène invraisemblable n'a pas encore trouvé de réponse, la question écologique reste désespérément secondaire même lorsqu'on atteint ces niveaux absurdes de danger. Et les vietnamiens sont à des années lumière de la moindre préoccupation écologique pour le moment, ils se contentent de regarder leur monde changer à grande vitesse avec un stoïcisme qui n'appartient qu'à eux. Un jour les motos font leur apparition dans la circulation, éradiquant quasiment le vélo qui jusque là était roi, puis la voiture apparaît et devient le rêve de tous ceux qui veulent réussir, puis il faudra porter des masques spéciaux pour sortir dans la rue, toutes ces nouvelles sont un flot ininterrompu dont personne ne semble être responsable et qu'on nomme vaguement modernité pour se convaincre que c'est al bonne direction. 

Posté par Mathsoviet à 17:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]