Je l'ai déjà répété plusieurs fois sur ce blog, à l’attention des gens qui viendraient s’installer ainsi qu’a celle des touristes : n’oubliez pas de sortir du centre-ville quand vous venez à Ho Chi Minh ! Cette ville vaut mieux qu’une simple étape d’une nuit entre le centre du pays et le delta du Mékong, mais encore faut-il savoir lever le voile sur cette mégalopole bruyante, polluée, et pas vraiment belle au premier regard.

Les guides vous conseilleront bien sur le centre avec les quartiers de Ben Nghe, Ben Thanh et Pham Ngu Lao, ainsi que l’ancien quartier chinois de Cholon, un peu excentré.  Bien sur, ils méritent le coup d’œil mais effectivement, on peut le faire dans la journée avec une matinée à Cholon, l’après-midi pour aller voir Dong Khoi, la Poste centrale, et le soir a Pham Ngu Loa pour les fêtards. De ce point de vue, Ho Chi Minh n’a vraiment rien d’exceptionnel : ce n’est vraiment pas la ville la plus belle ou la plus impressionnante d’Asie. Plus de vieux quartier, seulement quelques maisons un peu anciennes qui subsistent recouvertes par des câbles électriques et des rajouts de vitres, barreaux et panneaux ou enseignes. Pas non plus de centre hyper moderne comme à Hong Kong.

Pourtant, les gens qui y habitent y sont souvent très attaches, et beaucoup n’iraient pour rien au monde à Hanoi… Je ne vais pas rouvrir ici le débat sur les petites querelles Nord-Sud du Vietnam, mais Saigon sait se faire vraiment agréable et accueillante. J’aime aller les weekends déjeuner dans le quartier de Da Kao, autour du marché Tan Dinh, puis aller fureter dans les échoppes de tissus. Le dimanche matin, on fait nos courses au marché Thi Nghe à Binh Thanh tout proche de chez nous, dont un coté donne sur le canal qui sépare Binh Thanh du district 1. Il faut se faire a l’odeur, avec la viande sur les étals sans frigos, les poissons vivants dans les bassines, les coquillages, les durians, mais quand on commence à reconnaitre les herbes, les légumes, et a savoir choisir les fruits on ferait presque partie du paysage.  

Il faut surtout se promener dans les ruelles en dehors des axes principaux dans les quartiers résidentiels. Ce n’est pas comme en France, ou les quartiers commerçants sont délimités ; ici l’activité est partout, les marches et les petits restaurants de rue pullulent, il faut se perdre dans le District 3 non loin du centre par exemple pour en faire l’expérience.

Et puis comme partout il a les petits coins de paradis, les lieux secrets dont les adresses se transmettent entre amis. Le parc avec les restaurants au bord d’un petit lac et la piscine de Van Thanh à Binh Thanh, les restaurants avec jardins du district 10 au bout de Cao Thang, les cafés confortables ou peuvent se rencontrer vraiment les vietnamiens et les étrangers loin des Starbucks, Coffee Bean ou grands hôtels, tels que « Mon Père » rue Ton Duc Thang non loin du fleuve.

Il faut plusieurs jours je crois pour se plonger dans la « vraie » ville, pas celle des décors pour touristes. Et ceux qui vous aiderons, ce sont les vietnamiens eux-mêmes. Pas ceux dont le métier est de soutirer un peu d’argent aux touristes avec des babioles et des mauvais hamburgers dans le centre, mais tous les autres ! Pour peu que vous y soyez ouvert, il sera tellement facile d’échanger un sourire, des conseils, de gouter une chose nouvelle, de se faire guider a travers les ruelles, voire de se faire inviter a boire une bière et grignoter devant la maison familiale, même si ils parlent tres peu anglais.

Rentrer en France sera dur surtout pour ca. Certes on sera plus poli, on me dira bonjour Monsieur, je dirai merci Madame, et il faudra composer avec les vrais sentiments, dans le meilleur des cas l’indifférence et tres souvent de l’agressivité. Heureusement que je fais encore l’expérience de l’agressivité gratuite régulièrement « grâce » aux français que je fréquente de loin, sinon ca aurait été impossible de rentrer !