Il y a quelques jours vers 5h, nous avons ete reveille a grand fracas par une fanfare et toutes ses trompettes dans qui a joue pendant une heure dans notre petite rue. C'est assez hallucinant : tu es au Vietnam dans un petit quartier tranquille, il fait a peine jour, et une sorte de fanfare mi New Orleans mi Emir Kusturica se pointe sous tes fenetres pour jouer a fond la caisse.

En fait il y a eu un mort dans la rue, et comme dans la chanson de Brassens "de bonne grace ils en font profiter les copains". J'aime ces cultures du Sud, comme au Mexique ou en Amerique latine, ou la mort est une occasion de faire la fete et de rire autant que de pleurer. Au petit matin, tous ivres, ils ont oublie la douleur pour un temps, la mort est vaincu du moment qu'elle est au moins pour quelques heures dedramatisee. Chez nous on a plutot tendance a ajouter a la pesanteur, donner un theatre au drame. Les vietnamiens lui donnent un cirque !

Toute la journee et pendant 3 jours ensuite, les amis et voisins se sont succede aux tables installees sous un petit chapiteau devant la maison pour boire, manger et parler. Le soir la fanfare recommence, et nous sommes descendu pour mieux ecouter et faire le cercle avec les autres voisins. L'un des musiciens enchainait les numeros, comme tenir 3 tables en equilibre avec seulement un pied pose sur son front, ou servir des verres sans les mains avec une bouteille posee a plat sur la tete, super fort !

Apparemment la ceremonie et la veille est censee aider l'ame du defunt a quitter la maison. Tout est tres codifie, certains sont habille tout en blanc d'autres avec seulement un bandeau blanc, d'autres avec un point rouge sur le bandeau.

2013-08-05 20

Pour juger de la qualite de la vie d'un homme au moment du grand depart, je ne vois pas d'autres criteres que de regarder combien il va manquer a ceux qui restent. Avec tous les gens que tu appelais "mon gamin" Gerard, tu laisses un paquet d'orphelins ! Je me joins en pensee a tous ceux qui seront presents vendredi et a tous ceux qui comme moi ne pourront pas l'etre, a tous ceux qui ont comme point commun notre Gerard et qui trouvent en ceci une douloureuse mais tres belle occasion de se reunir.