Je suis tombe ce week end sur un article d'un blog du monde commentant la sortie d'un bouquin dune historienne americaine :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/07/18/mary-louise-roberts-le-sexe-a-ete-une-maniere-d-assurer-la-domination-americaine_3449668_3210.html

Pas du tout sur a guerre du Vietnam, mais sur le comportement des GI a la fin de la Seconde Guerre Mondiale en France. J'en parle ici parce que cela fait directement echo a ce dont je parlait dans l'un de mes premiers messages : l'erotisation de la colonie ou du theatre de guerre, ou quand le pays occupe devient un immense bordel a soldat.

Cette historienne a enquete dans les archives des communes Normandes datant de la fin de 1944, et a decouvert une quantite astronomique de plaintes de femmes pour viol contre des GI, de lettres de plaintes des maires des communes qui demande l'installation de maisons closes surveillees (demandes refusees par l'etat major americain pour eviter la mediatisation du comportement des soldats.

L'article est a lire, et certainement le livre : 70 ans apres de lourds couvercles continuent a etre prudemment souleves. Autre fait marquant : sur les 152 soldats americains traduits en justice pour viol, 139 etaient noirs. L'historienne rappelle le racisme de l'armee a cette epoque, que les noirs etaient cantonnes a des positions de larbins (ravitaillement, cantine, etc.) et que ce sont ceux qui n'ont pas ete couverts par leur hierarchie pour offrir quelques coupables aux autorites locales francaises. Sur 29 executions publiques, 25 noirs (par un bourreau specialement venu... du Texas).

Bref, les violences sexuelles sont rapportees depuis l'antiquite sur les theatres de guerre. Eros et Thanatos ? L'odeur de la mort declanchant des pulsions sexuelles sauvages ? Peut-etre, mais je suis convaincu qu'il est bien plus question de pouvoir et de domination, comme j'en parlais dans mon message precedent. Les femmes d'un pays soumis, ecrase par la puissance virile du "bordel ambulant d'une armee en campagne" sont tout a coup infinimment desirables.

Pour la France, vu des USA, il reste l'image romantique, les photos en noir et blanc de femmes embrassant les GI triomphants. Pour le Vietnam, il reste la prostitution massive, le tourisme sexuel et des generations de jolies jeunes filles pour lesquelles ce metier semble etre l'un des seuls qui assure des revenus convenables quand on a pas les relations et l'argent necessaire pour faire des etudes et surtout acheter un bon travail (ici la plupart des positions bien payees s'achetent tres cher dans les grandes entreprises etatiques ou l'administration).