Puisque nous avons abordé le chapitre du vol au Vietnam, j'y reviens un peu parce que ça a quand même un impact direct sur la façon de vivre, et beaucoup d'habitudes sont réglées par ce risque. Juste en face de chez nous, des ouvriers construisent une sorte de grosse cage blanche. C'est en fait une terrasse. Mais si les habitants veulent en faire une vraie pièce de vie (avec des choses à voler dedans) il faut qu'elle soit complètement fermée. Architecture un peu curieuse, mais au moins on ne peut pas rentrer. 

2013-03-06 11

Pareil pour les motos : on ne peut jamais les laisser sans surveillance. C'est entre autres pour ça qu'il y a des agents de sécurité devant n'importe quel magasin, des gardiens de parking devant les restos ou au marché... et que le rez-de chaussée de toutes les maisons par ici est en partie réservé pour garer les motos. 

Mon colloc s'est fait voler un sac qu'il avait entre les jambes avec son ordinateur dedans pendant qu'il était en train de rouler à moto, par deux acrobates de la fauche, en douceur. Les vols aux étrangers sont très courants, et il y en a qui sont très habiles. Même quand on a son téléphone dans la main, il faut faire attention aux motos qui passent. Cela étant, la grosse majorité des gens détestent les voleurs et souffrent de ce fléau. Je peux tout à fait laisser la porte de la maison grande ouverte avec toutes nos affaires en vue si je sais que ma voisine est sur son palier pour vendre ses cafés, ou que les gardiens du parking sont devant chez moi. Les gens "normaux" sont d'une honnêteté à toute épreuve, j'ai déjà pu le constater plusieurs fois, quand je me suis trompé de billet entre 500 000 et 50 000 au resto, quand je laisse de l'argent dans la chambre avec la femme de ménage, tout ça. Sur les marchés, on subit un peu plus son statut d'étranger avec des prix spéciaux, mais c'est une autre histoire. Je pense que les vols sont en grosse partie dûs aux gens qui ont des dettes de jeu. Les jeux d'argent sont aussi un véritable fléau, pire que la drogue, c'est une folie qui mène à des situations extrêmes dont j'ai eu quelques échos, totalement invraisemblables. 

 

L'autre jour je disais que j'habitais dans un quartier plutôt populaire du centre, ce n'est pas tout à fait vrai. J'habite dans les petites maisons de la fin de l'époque coloniale, très courantes, mais je dirais que les véritables zones populaires du centre sont plutôt constituées d'immeubles un peu plus "soviétiques". Ceux-ci sont à 3 minutes à pied de chez moi : 

2013-03-04 16

2013-03-04 16

Ils ont tous leur petit balcon, et ne font que 3 étages comme 90% des constructions à HCMV, mais c'est déjà moins sympa que là où je suis. Moins de motos, ça veut dire que c'est vraiment pauvre, sachant que le jour où n'importe quel vietnamien arrive à réunir 100 à 200$ le premier truc qu'il s'achète c'est une moto. 200$, c'est un mois de salaire de base, donc c'est faisable quand on a un boulot (c'est un peu à la même échelle que la France si on veut s'acheter une mob à 1000€ je pense). Mais le chômage est assez important ici. Je n'ai aucune idée de ce que veulent dire les chiffres que je vois dans les journaux, puisque la majeure partie de l'activité n'est ni salariée ni déclarée, mais bon. En tout cas les vietnamiens subissent la crise aussi, ils en parlent, les hôtels sont pleins à 30% au lieu de 70% en temps normal, il n'y a pas que l'Europe qui va mal !

 

Pour finir sur une note plus amusante, le pays a gardé pas mal d'habitudes communistes. Je suis déjà passé plusieurs fois devant des écoles avec les gamins regroupés et alignés en train de réciter des textes et chanter des chansons, dans la cour tous ensemble, je suppose plus ou moins nationalistes et à la gloire du parti. La propagande et les drapeaux rouges sont un peu partout, mais je ne me suis pas encore fait traduire tout ça. Il faut que je me trouve un guide bilingue pour comprendre un peu mieux ce qui se passe. 

2013-03-05 09